Camp de Miellin (Haute-Saône, près de Belfort)

Amicale des anciens réfugiés républicains espagnols au centre d'accueil de Miellin. Réunir, retrouver les anciens républicains espagnols du Camp de Miellin Village du Nord-Est de la Franche-Comté, situé en Haute-Saône

dimanche 24 janvier 2010

A l'âge de 13 ans, j’ai été interné dans le "Centre d’Accueil des réfugiés espagnols de MIELLIN"

J’ai 84 ans. Lorsque j’avais 13 ans, j’ai été internée avec ma mère et ma sœur dans le "Centre d’Accueil des réfugiés espagnols de MIELLIN", situé dans une vallée de la montagne des Vosges, dans le département de la Haute-Saône.

 

Ce centre était composé essentiellement de femmes et enfants. Seuls quelques vieillards et adolescents formaient le groupe des hommes. Ils étaient relégués dans un dortoir à part des femmes.

Septembre, octobre, novembre s’écoulèrent puis, un froid intense s’abattit sur le camp. Alors, nous dûmes supporter outre la faim (chaque nuit je rêvais non pas de friandises et de bonbons mais simplement d’un morceau de pain) et la maladie (nos corps étaient infestés par la gale), ce froid qui nous paralysait et ralentissait nos mouvements.

 

Ne disposant pas d’eau courante à l’intérieur du camp, les latrines situées à l’extérieur étant recouvertes de glace, nous devions gratter la neige lorsque nous avions envie d’aller au WC ou pour nous laver.

 

Habillée "comme une princesse" grâce au personnel de l’hôpital

Certains enfants furent atteints du "croup". Malade, ne disposant ni de docteur, ni d’infirmière, on me transporta à l’hôpital avec d’autres "indigents". Etait-ce à Lure ou Vesoul ? Je ne m’en souviens plus… A mon retour au Centre, j’étais habillée "comme une princesse" grâce au personnel de l’hôpital.

 

Je me rappelle aussi d’une petite fille blonde, Angelina RISTORI dont le papa était commandant dans l’armée républicaine, à laquelle ma cousine Aurélia donnait des cours en français.

 

 

L'avant-goût du purgatoire…

Le "Centre d’Accueil de Miellin" restera imprégné dans ma mémoire comme étant l’avant-goût du Purgatoire.

 

Je suis de tout cœur avec vous pour la création de notre Amicale.

 

Témoignage de Madame ROSENDO née MOYA-TARROS

Demeurant à Soustons (Landes)

Posté par sylvie2011 à 02:17 - Témoignages - Commentaires [0] - Permalien [#]

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