Camp de Miellin (Haute-Saône, près de Belfort)

Amicale des anciens réfugiés républicains espagnols au centre d'accueil de Miellin. Réunir, retrouver les anciens républicains espagnols du Camp de Miellin Village du Nord-Est de la Franche-Comté, situé en Haute-Saône

dimanche 31 juillet 2011

Le Camp de Miellin dans la presse - Une stèle pour ne pas oublier - Article de l'Est Républicain du 03/07/2011 - Edition Vesoul

L'Est Républicain a consacré un deuxième article au Camp de Miellin et annonce la cérémonie inaugurale du 25 septembre prochain.

Chantal Lavoine, journaliste de "L'Est"  recueille les témoignages de Manuel Ruiz, notre benjamin des anciens réfugiés et de Mireille Valiente. Nos remerciements vont à L'Est Républicain et à Chantal Lavoine.

Mémoire Le 25 septembre à Miellin, une stèle sera érigée à proximité de l’ancien tissage Rochet qui, de septembre 1939 à décembre 1941, fut transformé en camp où furent internés six cents réfugiés républicains espagnols.

Une stèle pour ne pas oublier

L’instant sera émouvant. Poignant. Des  larmes ruisselleront sur les visages. C’est certain.

Le 25 septembre, à Miellin, une stèle sera en effet érigée en mémoire des six cents réfugiés espagnols, des femmes et des enfants pour la plupart, internés dans l’ancien tissage Rochet, transformé de septembre 1939 à décembre 1941 en camp.

Une attente de plusieurs décennies qui va enfin se concrétiser. "Le préfet Eric Freysselinard a donné son accord de principe. Le site est trouvé, grâce à M. Mougenot, patron de la scierie de ce petit village. C’est super ! On vient de lancer la souscription pour financer la stèle", s’enthousiasme Sylvie Delys nièce d’Aurélia Moya­-Freire.

Cette dernière, avait 13 ans à cette époque mais les souvenirs sont intacts. Douloureux. (ER du 14/11/2010) Survivante de cette période de l’histoire, elle attend cet instant depuis trop longtemps.

"Je ne voudrais pas partir pour le grand voyage, sans vivre cet instant de devoir de mémoire", confiait­elle récemment à Mireille Valiente, belle­fille d’un réfugié espagnol qui fut lui aussi interné à Miellin.

Pour Manuel Ruiz, les souvenirs sont plus fous. Le septuagénaire domicilié à Champagney n’a que quelques flashs. Lorsqu’il est arrivé en France avec sa maman Francisca, "j’avais à peine un an. J’étais le lus jeune dans le camp de Miellin". Il était le "chouchou".

"Suite aux mauvaises conditions de nourriture, d’hygiène, je suis tombé malade. On nous a dirigés sur l’hôpital de Vesoul. Nous y sommes restés 5 ou 6 mois durant l’hiver 1940­-41. Je me souviens d’une infirmière qui me tenait par la main et qui me promenait dans les chambres. J’avais un petit panier avec quelques mandarines (ou oranges) et quelques chocolats. Cela m’a marqué. C’est la seule chose dont je me souvienne". " Regardez cette photo prise avec ma maman, j’étais bien habillé, bien nourri. C’était au cours de mon séjour à l’hôpital".

MANUEL RUIZDes chaussures avec des pneus.

A son retour à Miellin, en mars 1941, Manuel Ruiz avait trois ans. « Je me rappelle un peu de Lucio Valiente. Pour moi, c’est une ombre. Je ne me rappelle pas de son visage, mais d’un homme qui me faisait une espèce de pistolet avec l’élastique d’un étui de feuilles à cigarette avec lequel je lançais des petits bouts de bois et des boulettes de papier ».

Lucio Valiente, est décrit par nombre de survivants comme une personne très habile de ses mains. "Avec des pneus, il confectionnait des chaussures pour les femmes et les enfants du camp".

Installé à Champagney depuis des années, jusqu’à ces dernières semaines, Manuel n’était jamais retourné à Miellin. Lorsqu’il a découvert les ruines de cet ancien tissage où il fut interné de longs mois, "l’émotion était très forte".

Le 25 septembre, à 11 heures, à Miellin les retrouvailles risquent d’être pour certains, simplement déchirantes...

Chantal Lavoine

Le bulletin pour souscrire à la stèle est disponible sur le blog http://miellin1939.canalblog.com

Photo : Manuel Ruiz domicilié à Champagney avait 1 a lorsqu’il fut conduit au camp de Miellin avec sa maman Francisca.


Commentaires

Poster un commentaire