Camp de Miellin (Haute-Saône, près de Belfort)

Amicale des anciens réfugiés républicains espagnols au centre d'accueil de Miellin. Réunir, retrouver les anciens républicains espagnols du Camp de Miellin Village du Nord-Est de la Franche-Comté, situé en Haute-Saône

samedi 29 octobre 2011

Discours de Rose-Marie Daviot, Conseillère Générale du Canton de Mélisey

Madame_Daviot_Marie_Rose__Miellin"J'habite ce canton depuis 1954, soit seulement 13 ans après la fermeture de ce camp pudiquement appelé "centre d'accueil des réfugiés espagnols", or, jamais, jamais je n'en avais entendu parlé jusqu'à ce que les victimes et leurs descendants demandent l'édification de cette stèle du souvenir.

J'ai lu et relu leurs témoignages avec une tristesse mêlée de révolte et de honte. Je ne comprends pas que dans notre Pays on ait pu supporter pendant des mois, pendant ce terrible hiver 1940, que des enfants, des femmes déjà meurtris par la tragédie de leur Pays, et par la détresse de l'exode soient condamnés à vivre ou plutôt à survivre dans ces abominables conditions.

Heureusement des âmes généreuses et fraternelles, auxquelles je veux rendre hommage, ont apporté un peu d'humanité et on atténué les ombres de ce tableau.

Pourtant je ne condamne pas, je ne justifie pas, je tente de comprendre. En 1939 la France compte 40 millions d'habitants et c'est 900 000 réfugiés dont 500 000 qui arrivent en quelques semaines après la sanglante bataille de l'Ebre, rien n'est prêt, rien n'est prévu, c'est la hâte et l'affolement, mais on les accueille malgré tout. Et puis en ce début de 1939, depuis la duperie de Munich, on sait la guerre inévitable, nous ne sommes pas prêts pour résister à la puissance militaire nazi, l'inquiétude est grande, la présence massive de tous ces réfugiés n'est plus prioritaire, dans l'urgence et le désarroi on fait n'importe quoi. C'est ainsi qu'après la reconnaissance du pouvoir franquiste par le gouvernement, sous prétexte de les identifier, on les regroupe, parfois maladroitement, inhumainement, comme ici à Miellin, dans cette usine désaffectée et inappropriée, loin des villages et surtout dans cette région où les hivers sont rigoureux, aussi peut-on comprendre le sentiment de condamnation et d'abandon qu'aient éprouvé ces malheureux exilés.

Beaucoup d'entre vous et vos descendants sont pourtant restés en France et, sans oublier vos racines, vous êtes Français à Part entière, c'est pourquoi aujourd'hui vos souvenirs et votre peine sont aussi les nôtres."

25/09/2011 - Miellin - Le Champ de la Grange


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