Camp de Miellin (Haute-Saône, près de Belfort)

Amicale des anciens réfugiés républicains espagnols au centre d'accueil de Miellin. Réunir, retrouver les anciens républicains espagnols du Camp de Miellin Village du Nord-Est de la Franche-Comté, situé en Haute-Saône

jeudi 15 décembre 2011

Redis nous-nous la terre - Vuélvenos a decir la tierra - Poème de Ramon Safon - Jose San Martin (graveur) - Azul Edition

Redis-nous la terre

Qu'importe l'aire des tisons dans la
paume de nos mains
redis-nous la terre
redis-nous la sève
la franche braise des sols où s'exercent
les blés qui séparent les alizés des
vents mauvais

 redis-nous l'ampleur impérissable des
fleurs
clame fort l'été pour charger d'âme
nos pays d'accueil où personne ne
souffrira plus la dérive de la haine

 maudis alors le sable qui sape nos pas
la roche interlope dont le cœur n'a de
cesse que de promouvoir la pierre des
prisons
les temps assassins

 presse le rire des semailles
à venir boire au goulot nos émois
pour renier à jamais le ciel endolori
des mortes saisons

et pour cela vomis à la bouche des guerres
balayant à la porte
des tranchées meurtrières
motte à motte mot à mot
la mort
des frustres
tes pareils

offre donc tes œuvres au jour naissant
pour que rien n'indiffère
tendu de chair vive
comme la veine des sillons
la vie de nos frères
ceux dont le souffle s'épuise
ceux dont la joie demeure

n'en dis pas davantage
pas mieux que la force de vivre
pas plus que la foi d'être
jusqu'au transfert des cendres et des
lieux pavés de honte

la lave des déroutes
l'anthracite de l'exil
les terrils du sort

dans cette vaste frondaison d'adobe
chaulé que nous avons crochetée à la
face de l'univers

redis-nous la terre uniquement masse
d'endurance et volume d'amour non
faite que de poussière ouvrant grand
les bras pour croiser nos pensées



Vuélvenos a decir ta tierra

Que màs da el solar de la ceniza
en la palma de las manos
vuélvenos a decir la tierra
y su canto de brasas
con el cual resisten los trigales
que saben separar vientos y mares

vuélvenos a decir la anchura
perenne de las flores
prendida en el regazo
ardiente de las madres

aclama fuerte el pais sin desliz
donde nadie sufrirà ya
el rumba destrozador del odio
como el que mueve hoy el munda
al paso exterminador de la guerra

mâs que maldecir el destino
hay que empenarse en promover
los tiempos que despliegan
el corazon del ser humano
horno de pan blanco
y soplo de encanto

hay que reventar con los dientes
la roca interlope que llevamos
en la boca
hasta reducirla a granos de arena

asi de pequena quedarà la ruindad
con la que encubrimos rejas y torturas
tormentos y garrotes

vuélvenos a nombrar la tierra
ofreciéndonos al fin
el nacer exacto del reir
para matar
lo doloroso
que nos trae el miedo
de vivir
con los rechazos
de los impulsos ajenos



reduzcamos todo aquello que agota el ser
y despeguemos la fe
de todo lo que nos queda de infelicidad

ni mucho màs ni mucho menos
con el ahinco amplio
y generoso de la existencia
emprendamos contra la tozudez
de la lava y del lodo
de las derrotas y de los exilios
por esa muerte lenta
que es el sufrir
la frondocidad del adobe
encalando los tintes y los ensuenos
de nuestro tremendo amor

no solo hecha de polvo   
pero también de masa curtida
entrecruzada
de senderos e ideales vuélvenos a llamar la tierra 

Posté par sylvie2011 à 21:44 - Actualités - Commentaires [0] - Permalien [#]
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