Camp de Miellin (Haute-Saône, près de Belfort)

Amicale des anciens réfugiés républicains espagnols au centre d'accueil de Miellin. Réunir, retrouver les anciens républicains espagnols du Camp de Miellin Village du Nord-Est de la Franche-Comté, situé en Haute-Saône

mercredi 5 septembre 2012

Marius Tarin Castells avait 6 ans lorsqu'il est arrivé dans le Camp de Miellin

Un ancien réfugié a contacté l'Amicale Camp de Miellin, suite à une recherche sur Internet.

Voici son témoignage.
"Je suis né le 7 octobre 1932 à San Feliu de Llobregat, près de Barcelone où j'allais souvent.  Ma mère née en 1899 s'appelait Conchita Castells Batlle. Mon père né la même année se nommait Rafael Tarin Cortes. Ma sœur ainée, probablement née en en 1926 se prénommait Auréa. Inspirés par l'histoire romaine et refusant tout prénom aux relents catholiques mes parents me prénommèrent Marius.

Ils étaient anarchistes, naturistes, végétariens et radicalement catalanistes ! Idéalistes jusqu'à l'absurde, ils ne voulurent pas croire que Franco et ses alliés fascistes allaient remporter la guerre. Ils luttèrent jusqu'au dernier moment ce qui nous obligea à fuir de nuit vers la France en courant comme lapins poursuivis par des chasseurs.
Le 2 février 1939 nous pûmes entrer en France et ensuite mon père fut amené à Argelès sur mer. Ma mère, ma sœur et moi avec beaucoup d'autres femmes et enfants fûmes dirigés à Saint-Loup sur Semouse, en Haute Saône. En septembre de la même année 1939, nous fûmes conduits au camp de concentration de Miellin, au fin fond de la Haute-Saône et entassés dans une ancienne usine désaffectée, en même temps que six cents autres femmes et enfants espagnols.

Il va de soi que dans l'usine il n'y avait ni chauffage ni aucun confort. Je ne sais plus du tout où et comment étaient les toilettes, ni même le réfectoire.
Ce dont je me souviens le mieux c'est du froid, de la faim.
L'hiver 39-40 fut des plus rigoureux. Je me souviens que la neige commença à tomber à la mi-octobre et ne disparut qu'en mars 1940.  
Nous dormions sur des bat-flancs allongés les uns à coté des autres sans aucune cloison, ni séparation. Le froid était tel qu'au réveil les mucosités étaient transformées en petits morceaux de glace dans le nez.
Aux alentours de mai 1940, ma mère ma sœur et moi quittâmes cette glacière et fûmes conduits à Laluque Landes où mon père avait trouvé un emploi de bûcheron".
Marius Tarin Castells

"Bienvenue à Marius Tarin Castells. La famille de notre ami Marius, d'après les informations en possession de notre Amicale fut très éprouvée par la maladie durant sa période d'internement à Miellin. Sa maman, Conchita Castells, épouse Tarin fut hospitalisée à deux reprises à Lure (en septembre 1939 puis en février 1940). Sa soeur, la jeune Auria (12ans)  fut hospitalisée un mois durant l'hiver 39-40. Quant à Marius (alors âgé de 7 ans), il fut hospitalisé en mars-avril 1940, à cause d'une bronchite pendant plus d'un mois". L'Amicale.

Posté par sylvie2011 à 18:16 - Témoignages - Commentaires [0] - Permalien [#]

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