Camp de Miellin (Haute-Saône, près de Belfort)

Amicale des anciens réfugiés républicains espagnols au centre d'accueil de Miellin. Réunir, retrouver les anciens républicains espagnols du Camp de Miellin Village du Nord-Est de la Franche-Comté, situé en Haute-Saône

dimanche 28 septembre 2014

Troisième anniversaire de l'inauguration de la stèle du souvenir - 21 septembre 2014 à Miellin

Ce dimanche 21 septembre, sous un ciel gris et pluvieux, une quarantaine de sympathisants était présente, dont Monsieur le Maire de Miellin, pour se retrouver pour ce troisième anniversaire.


Moments d'émotion avec le discours de Carmen, la lecture de la lettre d'Augustin Riu, ancien réfugié du camp, et du poème de Ramon Safon "pour saluer Pétrarque".

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Après lecture de son discours, la petite Maria, seule réfugiée du Camp à avoir pu faire le déplacement, a eu la surprise et l'émotion de recevoir la médaille de la république espagnole.

Après le dépôt de gerbes et l'hymne espagnol, tout le monde s'est retrouvé dans la salle des fêtes de Miellin pour le pique-nique fraternel et chaleureux.

Patricia Gavoille, romancière et membre de l'Amicale a lu le premier chapitre "L'arrivée au Perthus" de son prochain roman relatif à une famille de réfugiés espagnols en France...

Discours de Carmen Gordillo Ruiz, déléguée régionale Franche-Comté

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Tout d'abord Aurélia Moya Freire notre présidente et Ramon Safon notre président d'honneur vous prient de bien vouloir les excuser.
Ils ne peuvent être parmi nous mais son présent par le cœur et la pensée.

Merci d'être là pour célébrer le troisième anniversaire de la stèle et les 75 ans de la retirada.

La retirada c'est la défaite de la République Espagnole qui entraîna un phénomène de dispersion de population parmi les plus importants du XX siècle. Près d'un demi-million de personnes craignant les représailles franquistes franchirent la frontière pyrénéenne en deux vagues du 27 janvier au 13 février 1939.

L'hospitalité des autorités françaises reste comme une page sombre de ces années-là, alors que la population se montre plus solidaire.

Après un bref passage dans les camps de" triage", hommes, femmes et enfants furent diriges vers des camps de concentration.

"Là je m'adresse à Colette, la définition du Larousse est: camp de concentration, camp dans lequel sont rassemblés sous surveillance militaire ou policière soit des populations civiles, soit des prisonniers ou des détenus politiques soit des groupes ethniques sociaux ou religieux".
La connotation du mot à changer à cause des camps d'exterminations nazis.

Je ne rappellerai pas les conditions dans lesquelles tous survécurent dans tous ces camps. Les hommes en sortir enrôlés de force dans les compagnies de travailleurs étrangers.
Cette main-d'œuvre bon marché remplaça les français mobilisés. Envoyés pour les travaux des champs, pour renforcés la ligne Maginot, pour la fortification de la frontière italienne et d'autres directement déportés en Allemagne pour terminer les camps d'exterminations nazis et en être les premières victimes surtout à Mauthausen.

Tous ceux qui le pouvaient rejoignaient le maquis pour combattre le nazisme dont ils connaissaient la barbarie. Beaucoup s'illustrèrent dans la résistance.

Je paraphraserai quelqu'un de célèbre et dirai :
PARIS OPPRIME, PARIS MARTYRISE ET ENFIN PARIS LIBERE.

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Oui libéré par les 169 réfugiés Républicains Espagnols engagés dans la "nueve" la 9ème compagnie de la 2 DB Leclerc, comme je l'ai déjà dit en 2012.
Les libérateurs de Paris ont attendu 69 ans pour voir enfin flotter en 2013 le drapeau Républicain sur le parvis de l'hôtel de ville de Paris et ils ont attendu 70 ans pour qu'enfin en 2014 certains osent du bout des lèvres parler de leurs exploits mais sans aucune reconnaissance officielle de leurs sacrifices: 169 hommes au débarquement en Normandie et seulement 16 survivants à l'arrivée à Berlin.

Je fais tous les ans un clin d'œil à mon grand frère dans mon discourt. Aujourd'hui je dirais simplement "Salut Manu" Merci de m'avoir écouté.


Lettre d'Augustin Riu - Le Penchou 05/09/2014
A mon grand regret, je ne serai pas des vôtres pour l'anniversaire de Miellin.
Je le regrette et croyez moi, j'aurai une pensée pour vous tous ce jour-là.
Sans vous qui saurait que dans un petit village des Vosges, 600 femmes, enfants et vieillards, gardés par des militaires.
C'était bien un camp de concentration. Mal nourris, dormant sur des planches, recouvrant la nuit de tout ce que l'on pouvait réunir, serrés les uns contre les autres, dans un grand espace mal ou peu chauffé, l'hiver 39/40 a été très rigoureux.
Que pensaient les dirigeants de ce pays qui est devenu le nôtre. Ces hommes et femmes qui ont lutté bravé, les bombes et les famines, qui ont tout laissé pour ne pas vivre sous le joug franquiste seraient les ennemis de la France. l'histoire leur a prouvé le contraire, car beaucoup d'entre nous ont donné leur vie pour que nous puissions vivre libres en paix.
Il y aurait tant à raconter et à dire aux jeunes d'aujourd'hui.

Enfin je vous souhaite à tous que ce 21 septembre soit une belle journée. Que le temps soit plus clément que ce 20 janvier ou j'ai quitté les lieux.
Je vous embrasse tous.

Augustin Riu, hébergé à Lure, puis interné au Camp de Miellin



Poème de Ramon Safon - "Pour saluer Pétrarque" - L'esprit
Extrait de la nouvelle publication du Livre illutré de photos Cathédrale de Daniel Maigné un photographe talentueux de Lombez.
 http://www.daniel-maigne.com/page_d_maigne_photos2.html

Pour saluer Pétrarque comme on déambule
sur la frise légère
des saves et des gimones
avec le flux paresseux
des sèves
parmi les frasques
des fleurs
et des amours
lointaines

" un été
quasi divin
grâce
à la franche
allégresse
du maître de céans
et de ses compagnons "
diras-tu

salutations donc
comme on pose
ses pas sur la trame
bucolique
de la béatitude
face à l'âtre paisible
du bon-avoir

douce existence
menée en lieux sains
bois touffus
coteaux lents
prés cloîtrés
villages bastides
et sauvetés
ramassés
de clocher en clocher
sur lesquels vents
et merveilles
monts et soleils
caressent les arêtes
en vagues diaphanes
au souffle divin
du cœur

sans compter
souviens-t'en
sur l'heur de vivre
à la face des temps
pour aussi menu
que fut l' esprit

construis donc
ta cathédrale
comme on recoud
nos larges oripeaux
notre besace
villonesque
et nos sentiers
invertébrés

bâtis-la
comme si de rien n'était
comme si l'enfance
pouvait encore
servir de temple

pars
en rupture de ban
l'innocence en berne
pour réviser tes songes
au rythme des encans

entaille
jusqu'à l'os
la transparence des aubes
car tout n'est pas que terre
tout n'est pas qu'esprit
tout est soif de vie

l être donc
comme greffon superbe
et branche aigrie
comme volute d amour
et volubilis de sable
comme soc d idées
et exil de soi

mais non pas
comme il se doit
de ne pas faire
à autrui
ce qu il ne veut pas
que l on lui fasse

mais au contraire
l être
comme faisant à autrui
ce qu il veut bien
qu on lui fasse

l être solidaire
pour circuler sans frein
dans toutes les veines
du monde
avec son propre sang
et ses propres ailleurs
s il en a"
        

Posté par sylvie2011 à 15:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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