Camp de Miellin (Haute-Saône, près de Belfort)

Amicale des anciens réfugiés républicains espagnols au centre d'accueil de Miellin. Réunir, retrouver les anciens républicains espagnols du Camp de Miellin Village du Nord-Est de la Franche-Comté, situé en Haute-Saône

dimanche 5 avril 2015

Le Camp de Miellin inspire un roman "La Retirada"

Information publiée dans l’Est Républicain du 05/04/2015

http://www.estrepublicain.fr/edition-belfort-hericourt-montbeliard/2015/04/05/un-roman-base-sur-des-faits-reels

LITTERATURE HÉRICOURT : L'AUTEUR PATRICIA GAVOILLE S’EST INSPIRÉE DE LA VIE DES RÉFUGIÉS ESPAGNOLS INTERNÉS AU CAMP DE MIELLIN

« Avant de rencontrer Carmen Ruiz Gordillo, je ne connaissais pas du tout l’histoire du camp de Miellin, pourtant ce village situé au pied du ballon de Servance est à notre porte », confie Patricia Gavoille. Photo ER

201504-ESTREPUBLICAINIL Y A DE BELLES rencontres qui font de très belles histoires.
La rencontre entre Carmen Ruiz-Gordillo et Patricia Gavoille, écrivaine à Héricourt va donner naissance à « La Retirada », un livre plein d’émotion. Le nouveau roman de Patricia Gavoille ne sera disponible qu’à la mi-mai, pourtant, Carmen Ruiz-Gordillo, a eu « le privilège de pouvoir le dévorer en avant-première et à chaque je ne peux retenir mes larmes », confie Carmen.

« Ce roman est basé sur des faits réels. Celui de l’exode des réfugiés espagnols pendant la guerre civile », précise Patricia Gavoille. L’auteur s’est penchée sur l’histoire de Miellin, petit village haut-saônois situé au pied du ballon de Servance, qui, entre 1939 et 1941, a abrité un camp de réfugiés, dans lequel des centaines d’exilés espagnols, fuyant le régime franquiste, ont été internés. Dans cette ancienne usine, les gens dormaient sur la paille, sur des planches à 80 centimètres du sol. Sans draps, sans couvertures.
La mère de Carmen et son grand frère ont vécu là, dans ce camp. « J’étais gamine lorsque j’ai perdu ma maman, pourtant ils revivent sous la plume de Patricia. C’est très émouvant », confie Carmen. « Mes parents ont été dénoncés aux autorités franquistes et ont fui précipitamment leur pays pour rejoindre la France. A leur arrivée, ils ont été séparés. Mon père a été envoyé à Saint-Cyprien, ma mère à Navenne. Elle a ensuite été transférée à Miellin en 1939 avec mon frère. Plus tard, mon père Raphaël les rejoindra. Ma famille a quitté le camp de Miellin en 1941 ».


« Je ne fais pas dans le documentaire », insiste l’auteur, mais ce septième livre est « un roman pour raconter la vie quotidienne de ces familles qui ont été disloquées, séparées… J’ai eu la chance d’avoir des témoignages de première main », observe Patricia Gavoille qui, jusqu’à sa rencontre fortuite avec Carmen ne connaissait pas du tout l’histoire de Miellin, « alors que ce petit village est à notre porte ». Avant de s’inspirer de l’histoire de Carmen Patricia est allée à Miellin pour s’imprégner du lieu. Entendre le clapotis de l’eau du ruisseau, découvrir les ruines de la bâtisse ayant accueilli des centaines de femmes et d’enfants espagnols. Un pèlerinage qui a permis à l’auteur de se rendre compte de ce qu’ont pu endurer ces familles durant ces années d’enfermement.

Un lieu qui l’a inspiré pour faire vivre ses personnages. Comme cette gamine haute comme trois pommes qui a failli se noyer dans le ruisseau. Ou encore ce gamin, crevant de faim et qui avait réussi à voler un oignon.

En septembre dernier, lors de l’assemblée générale de l’amicale des anciens réfugiés, Patricia Gavoille avait annoncé aux adhérents qu’elle préparait un livre sur leur histoire. Elle leur avait même lu le prologue de son nouvel opus. « Les gens pleuraient. C’était très émouvant. Certains sont venus m’enlacer en me disant, c’est mon histoire ! C’était poignant ».

« La Retirada », une tranche de vie pleine d’émotion.
Ch.L.

Posté par sylvie2011 à 16:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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