Camp de Miellin (Haute-Saône, près de Belfort)

Amicale des anciens réfugiés républicains espagnols au centre d'accueil de Miellin. Réunir, retrouver les anciens républicains espagnols du Camp de Miellin Village du Nord-Est de la Franche-Comté, situé en Haute-Saône

dimanche 26 novembre 2017

L’Ordre du mérite pour la Présidente de notre Amicale

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Le 4 novembre 2017, la présidente de notre « Amicale du camp de Miellin », Aurélia Moya-Freire, a été décorée par Jean Ooghe, chevalier de la Légion d’Honneur, de l’insigne de l’Ordre National du Mérite à Soustons, sous le parrainage de Madame la Maire, Frédérique Charpenel, en présence du vice-président landais de l’Ordre National du Mérite, Robert Alberti.

Frédérique Charpenel lors de son discours a évoqué la mobilisation des Soustonnais pour accueillir des Ethiopiens suite au démantèlement de la jungle de Calais, à leur volonté d’apprendre le français, les liens amicaux noués avec les bénévoles et les équipes d’accueil  en concluant «  Notre grande fierté serait qu’ils gardent un aussi bon souvenir de Soustons que celui que vous gardez de Plancher-Bas ». Puis : «  Merci pour votre détermination à faire en sorte qu’on n’oublie jamais, merci pour votre optimisme, pour votre amour inconsidéré pour la vie, votre combat jamais affaibli pour la liberté et la paix. Vous êtes une Grande Dame ».

Notre présidente dans son allocution a précisé : « Je mesure l’honneur qui m’est fait aujourd’hui en recevant cette décoration  en tant que présidente de l’Amicale du Camp de Miellin et je rends hommage à mes compatriotes internés au camp de Miellin en la partageant avec leurs familles ».

« Jeune réfugiée espagnole, la France m’a accueillie, devenant ainsi ma seconde patrie. En cette fin d’année 2017, à l’aube de mes 93 ans, jetant un regard sur mon passé, malgré les aléas de la vie, les combats menés contre la guerre et les armes atomiques, pour la justice sociale, pour la paix dans le monde, je vous assure que si c’était à refaire, je le referai ».

Toutes nos félicitations à notre belle Présidente.

 

Lien de l'article du Sud-Ouest du 13/11/2017

http://www.sudouest.fr/2017/11/13/l-ordre-du-merite-pour-aurelia-moya-freire-3942734-3564.php

 

L’Ordre du mérite pour Aurelia Moyà-Freire

Celle qui a fui la Guerre civile espagnole avec sa famille a été honorée pour avoir lutté toute sa vie pour la liberté et la paix.

Aurelia Moyà-Freire a reçu, samedi 4 novembre, les insignes de l’Ordre national du mérite (ONM), remis par Jean Ooghe, président de l’Anacr (Association nationale des anciens combattants de la Résistance). Cette cérémonie solennelle et chaleureuse s’est déroulée à l’espace culturel, sous le parrainage du maire Frédérique Charpenel, du maire honoraire Jean-Yves Montus, en présence du vice-président Maurice Hourdin, du porte-drapeau de l’ONM, Robert Alberti, celui des anciens guérilleros espagnols en France (FFI), de sa famille et amis.

Jean Ooghe a retracé le parcours exceptionnel de celle qu’il appelle « une très grande dame », qui a œuvré au sein de l’Anacr et lutté pour la liberté et la paix. « Elle reste la gardienne landaise de ces soldats de l’ombre… »

1 000 kilomètres d’exode

Née en 1925 dans un foyer modeste, Aurelia a une enfance heureuse. Le 14 avril 1931, la république espagnole est proclamée après l’abdication d’Alphonse XIII. Alors que la Guerre civile déchire l’Espagne à partir de 1936, la jeune Aurelia fuit les troupes de la dictature franquiste avec sa famille et prend la route de l’exode vers la France en 1939, à l’instar de milliers de républicains espagnols. C’est la Retirada. Un long voyage en train, 1 000 kilomètres des Pyrénées-Orientales jusqu’en Haute-Saône. Aurelia et sa maman reçoivent un accueil chaleureux dans les Vosges, à Plancher-Bas. « C’est une période heureuse, un village dont nous garderons le meilleur souvenir. » Las, il leur faut partir encore, pour s’installer dans une usine désaffectée, le Camp de Miellin, un camp de concentration. 500 personnes y sont « hébergées », « une usine qu’on s’efforce de rendre habitable, mais la liberté nous manque ! », raconte-t-elle.

La guerre est déclarée entre la France et l’Allemagne. Puis c’est le départ pour la Normandie, la vie y est dure voire tyrannique, mais l’espoir de retourner au pays ou de partir au Mexique permet de tenir. Elle a 16 ans quand elle entre au service d’une institutrice. Plus tard, à La Rochelle, elle rencontre son futur époux, le journaliste Jean Freire. La Résistance les réunit.

Un cahier de mémoires

« Secrétaire de l’Anacr, Aurelia est de toutes les manifestations populaires, se dépense sans compter et avec ténacité pour la paix, elle est allée jusqu’à Moscou en tant qu’interprète pour un congrès mondial », souligne M. Ooghe. À 80 ans, elle n’a rien perdu de son énergie et suit les cours de l’université pour maîtriser le catalan…, et elle se met aussi à l’anglais.

Sous son impulsion, se créée, en 2011, l’Amicale des réfugiés espagnols en Haute-Saône, puis est mise en place une stèle souvenir avec leurs noms, inaugurée par le préfet (arrière-petit-fils d’Albert Lebrun).

En 2017, Aurelia a 92 ans, le regard vif, la parole alerte et les souvenirs d’un passé douloureux couchés dans un cahier de mémoires. « Ma vie en France » est un document historique unique sur une période de 1939 à 1943, écrit dans une langue qui n’est pas la sienne, avec ses hispanismes qui ne peuvent laisser indifférent. Ce cahier d’exil d’une adolescente espagnole est tout simplement beau, un témoignage familial rare et un éclairage émouvant, « écrit comme les lettres de la comtesse de Ségur », décrit sa fille, Cinta. Il parachève de bien belle manière le combat de sa vie, ouvert sur l’espérance et un monde meilleur

 

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Aurelia Moyà-Freire entourée de sa famille, avec M. Ooghe et le porte-drapeau des guérilleros espagnols en France. Photo I. C.

 

 

 

Posté par sylvie2011 à 18:26 - Actualités - Commentaires [0] - Permalien [#]

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