Camp de Miellin (Haute-Saône, près de Belfort)

Amicale des anciens réfugiés républicains espagnols au centre d'accueil de Miellin. Réunir, retrouver les anciens républicains espagnols du Camp de Miellin Village du Nord-Est de la Franche-Comté, situé en Haute-Saône

vendredi 22 janvier 2010

C’est une bonne idée de créer l’Amicale des anciens internés de MIELLIN !

J'avais sept ans et je me rappelle…

Aujourd’hui, j’ai 75 ans. J’avais sept ans lorsqu’avec ma maman et ma sœur, j’ai rejoint en septembre 1939 les réfugiés républicains espagnols  au "Centre d’Accueil de Miellin" dans la Haute Saône, où nous avons été emprisonnés pendant des mois, dans une vieille usine, au milieu des bois.

Mes principaux souvenirs sont : la faim, le froid, les poux et la gale.  Puis, le peu d’espace dont nous disposions pour dormir, la paille posée sur des "établis" de planches ; le peu de couverture, puis, l’appel du matin pour le petit-déjeuner (Je l’attendais ce café et ce petit morceau de pain ! et je faisais la queue avec les grands pour avoir du rabiot, mais, hélas).

Je me souviens aussi d’avoir eu des petits camarades : certains ne me comprenaient pas car je parlais le catalan.

L’hiver 39-40 fut très dur. Ma maman Antonia et ma tante Cinta et les autres femmes restaient des heures emmitouflées sous les couvertures, sans se lever du lit à cause du froid.

Milo, mon papa adoptif français…

Le seul bon souvenir qui me vient à l’esprit c’est le jour de l’arrivée de mon "papa adoptif français", Milo, venant nous rendre visite au Centre, malgré le panneau qui signalait à l’entrée "Lieu contagieux". Emile DELOI, dit Milo, et sa famille habitaient Le Mont de Plancher-bas (Haute Saône) et m’avaient recueillie pendant les six mois précédant notre internement : ils me considéraient comme leur fille. Outre sa présence réconfortante, Papa Milo avait apporté plein de bonnes choses à manger !

Coïncidence importante, il avait fait la guerre 14-18 avec l’ancien gendarme Louis DOY, devenu directeur de notre centre.

Même si notre quotidien ne changea pas, après cette visite, le Directeur - disait Maman - semblait avoir à l’égard de ma famille de "rouges" des sentiments plus humains et avait désormais exclu ce qualificatif de son langage.

Témoignage de Madame GONZALES née MOYA-TARROS
Domiciliée à Melun (mère et grand-mère de deux garçons)

Posté par sylvie2011 à 19:10 - Témoignages - Commentaires [0] - Permalien [#]
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