Camp de Miellin (Haute-Saône, près de Belfort)

Amicale des anciens réfugiés républicains espagnols au centre d'accueil de Miellin. Réunir, retrouver les anciens républicains espagnols du Camp de Miellin Village du Nord-Est de la Franche-Comté, situé en Haute-Saône

Miellin 1939 - Se souvenir, perpétuer la mémoire des anciens du "centre d'accueil" de Miellin

 

stele du camp de miellinPlus de 600 réfugiés républicains espagnols (dont plus de la moitié d'enfants) ont été accueillis, en septembre 1939, au Centre d'accueil de Miellin (en Haute-Saône, à quelques kilomètres de Belfort).

Aujourd'hui, nous, anciens internés de ce centre, ressentons avec force et conviction le devoir d'en perpétuer la mémoire. Nous avons décidé de créer une amicale des anciens républicains espagnols réfugiés de Miellin.

Pourquoi ?
Pour répondre aux questions, interrogations de nos enfants et petits-enfants,
Pour satisfaire aux demandes de nos nombreux amis,
Et surtout pour
honorer la mémoire de nos mères, qui elles aussi, furent "accueillies" à Miellin avec nous.

Toutes personnes, républicains espagnols, réfugiées au "centre d'accueil" de Miellin, ou leurs enfants, parents ou amis sont invitées à se faire connaître à l'adresse stdelys@yahoo.fr
Ces personnes seront contactées par le collectif, afin de se "retrouver", de tisser des liens pour ne pas oublier.
5 janvier 2010

Le Camp de Miellin
Ouverture du camp : en septembre 1939. C'est le 26 août 1939, quelques jours avant la déclaration de la guerre que le Préfet de la Haute-Saône signa un bail de location de 500 frs par mois.
Fermeture du camp : décembre 1941

Le Camp de Miellin est un camp de femmes et d'enfants et de quelques invalides, avec plus de 250 familles, soit environ 600 personnes dont plus de la moitié sont des enfants.

Ce sont les femmes et le peu d'hommes invalides qui ont pourvu à rendre les conditions de vie moins pénibles.

L'ancien tissage Rochet
Le bâtiment, camp, ancien tissage Rochet, est composé, après travaux d'aménagement, de 5 dortoirs, sur des travées de 6 mètres de large sur 37 de long, d'un réfectoire, de locaux annexes et d'une cuisine. Chaque dortoir hébergeait une soixantaine de personnes et disposait d’un poêle à bois. Les bagages étaient placés sous les paillasses. Le bâtiment est recouvert d'une seule toiture de verre.

Les latrines se trouvaient à l’extérieur du bâtiment, les personnes utilisaient l'eau du ruisseau pour se laver.

Les conditions dans le camp
Les personnes internées ont l'interdiction de sortir. Les témoignages des anciens réfugiés confirment, à leur arrivée, de la présence de barbelés et de panneaux interdisant de quitter le camp.

Tous les témoignages d'enfants internés, encore en vie aujourd'hui, font part du grand manque de nourriture. Plusieurs jeunes enfants, passaient les barbelés et quittaient le camp pour chercher à manger, retrouver leur famille d'accueil d'avant le camp (Plancher-Les-Mines par exemple).

L'argent alloué n'allait pas aux familles qui devaient vendre leurs bijoux (alliances,…), leur effet personnel pour se procurer de la nourriture et améliorer le quotidien.

Maladie, hospitalisation et décès durant l'hiver 1939-1940
Les témoignages d'anciens enfants internés font part de plusieurs épidémies : croup (ou laryngo-trachéo-bronchite), angines, gales, bronchites  durant l'hiver 1939-1940. Le Camp a été, ainsi, au moins  endeuillé par la disparition de 3 enfants et un adulte. Près de 100 personnes ont été hospitalisées sur Lure durant cet hiver particulièrement rigoureux.

Absence de scolarisation
Les enfants n'étaient pas scolarisés. Alors que, en février 1939, dès  leur arrivée en Haute-Saône les enfants accueillis dans certains villages du département ont rejoint les bancs des écoles.

Le Camp va se vider progressivement
Les familles vont progressivement quitter le camp, dès que le chef de famille (en général interné dans les camps d'hommes) dispose de l'autorisation pour réunir toute la famille.

Les témoignages des anciens internés permettent de confirmer que les conditions se sont améliorées avec le temps : moins de personnes internées, des repas moins maigres, la possibilité de sortir et d'aider aux champs (les Français étant partis à la guerre), l'échange de services avec la population.

Camp espagnol miellin 007***************************************

Miellin es una aldea situada  en la provincia de la Haute-Saône, al nordeste de Francia, en las montanas de los Vosgos cerca del "Ballón de Alsacia" y de Belfort.
Nuestra actividad relacionada con las familias o amigos de estos refugiados, o sea en la búsqueda de documentos oficiales, nos ha permitido hacer el censo de los refugiados que figuran en la lista más abajo mencionada.

Recuperación de la Memoria Histórica
Nuestra "Agrupación de Refugiados Republicanos Españoles internados en 1939 al "Centro de Miellin", de sus familias y amigos" declarada el 11 de abril 2011 (sin carácter lucrativo), logró obtener el 25 de setiembre 2011, sea 72 años después, el reconocimiento, moral e histórico, de la existencia de nuestro campo de parte de las autoridades francesas que asistieron a la ceremonia organizada por nuestra Agrupación y a la puesta de una lápida a la memoria de más de 600 mujeres, niños y algunos hombres mutilados o ancianos. Todos ellos víctimas de la guerra civil y del franquismo.
Solo siete refugiados, aún en vida, estábamos presentes a esta inauguración.

Rogamos a todos los familiares o amigos de los refugiados que hayan identificado el nombre de alguno de entre ellos, que se pongan en relación por correo electrónico con : nuestra secretaria miellin1939@yahoo.fr y http://miellin1939.canalblog.com, donde podrán consultar nuestras actividades.
Sus informaciones podrían ayudarnos a completar nuestra lista o a modificar la ortografía de ciertos nombres.
Les damos las gracias anticipadas.

Aurélia FREIRE-MOYA - Presidente de l'agrupacion "Amicale Camp de Miellin"

Posté par sylvie2011 à 17:56 - Actualités - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 15 juillet 2020

Nouvelle de l'Amicale Camp de Miellin - Adhésion 2020

Chers Amis,

La pandémie COVID19 et le confinement qui a suivi nous a surpris et nous a pris de court. Nous espérons de tout cœur que vous avez traversé cette période sans dommage pour vous-même, vos familles, vos proches. Donnez-nous de vos nouvelles en répondant à ce message.

Sachez que les membres du Bureau de votre Amicale vont bien...

Vous êtes plusieurs à nous demander le bulletin d'adhésion 2020 et nous vous remercions de votre confiance.

Vous le trouverez en fichier joint et vous avez l’habitude de le retourner compléter à notre trésorier Delio.

En cette année exceptionnelle et particulière, le Bureau préfère, par précaution, ne pas tenir sa cérémonie anniversaire à Miellin en septembre. Notre dévouée Carmen viendra déposer une gerbe en tout petit comité courant septembre, en attendant des jours plus cléments.

L'Amicale est heureuse d'avoir retrouvé un nouvel ancien. Il s'agit de Valentin Pes habitant Jonvelle en Haute-Saône, fils de Joaquina Gracia Sallisas. Sa soeur habite la Haute-Marme à Leurville où habitait leurs parents. Avant Miellin sa famille était à Arc-les Gray.

Bienvenue à Valentin.

Très bel été à tous, vivez de beaux moments en famille et avec vos amis et surtout prenez bien soin de vous.

Fraternellement,

Aurélia, Ramon, Carmen, Cinta, Sylvie et Delio.BULLETINADHESION2020CAMPDEMIELLIN

Posté par sylvie2011 à 21:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 27 septembre 2019

Discours de Christian Robbe-Grillet, Sous-Préfet de Lure - Cérémonie des 80 ans du Camp de Miellin

Madame la Consule honoraire,
Madame la conseillère départementale,
Monsieur le maire,
Madame la présidente et membres de l’amicale,
Mesdames et messieurs les élus ;
Mesdames et Messieurs,

Il y a 80 ans, les troupes militaires commandées par le général Franco, aidés par les nazis et les fascistes italiens, emportaient le combat, après avoir déclenché une guerre civile en 1936 et mettaient fin à la République espagnole.

Malgré le soutien des Brigades Internationales, décrit par André Malraux dans son livre « l’espoir » et lui-même combattant, les vaillants républicains espagnols et leurs alliés, après avoir emporté de belles victoires, devaient prendre le chemin de l’exil pour ne pas être emprisonnés ou tués.

La deuxième guerre mondiale commençait alors, emportant le monde entier dans la tourmente, les massacres de masse, l’oppression des peuples et les destructions.

Deux symboles illustrent ce conflit espagnol :
* une photo de Robert Doisneau montrant un républicain touché en plein cœur, symbole d’une démocratie abattue, d’une liberté anéantie ;  
* un tableau de Pablo Picasso « Guernica » : cri de révolte et de douleur face au bombardement de cette ville pilonnée par l’aviation allemande, tuant hommes, femmes et enfants. Picasso avait répliqué à un officier allemand qui lui demandait si c’était lui qui avait fait cela, « NON, c’est vous !! » et il refusa que son tableau soit exposé en Espagne avant que la démocratie ne soit rétablie.

De cette guerre, Pablo Picasso dira : « La guerre d’Espagne est la bataille de la réaction contre le peuple, contre la liberté. Toute ma vie d’artiste n’a été qu’une lutte continuelle contre la réaction et la mort de l’art. Dans le tableau Guernica, j’exprime clairement mon horreur de la caste militaire qui a fait sombrer l’Espagne dans un océan de douleur et de mort. (...) ».

La victoire de Franco a entraîné un important exil des républicains, qui ont traversé les Pyrénées pour trouver refuge en France. Cet exil forcé, « la retirada » fut d’une ampleur exceptionnelle et très vite, les structures existantes furent saturées.

Il a fallu construire en urgence, en quelques semaines des camps d’accueils des réfugiés, bien mal dénommés selon la terminologie administrative de l’époque « concentration ».

Rivesaltes, Barcarès … puis d’autres camps accueillirent les hommes, femmes et enfants. Plus de 450 000 exilés espagnols trouvèrent refuge en France début 1939. Le camp de Miellin fut installé dans les locaux des tissages Rochet, après signature d’un bail de location, en août 1939 et les conditions d’accueil étaient, oh combien sommaires, le froid et la faim étant le lot quotidien des réfugiés, qui avaient interdiction de sortir du camp.

Un grand nombre de républicains espagnols ont été accueillis en France. Beaucoup y sont restés et plusieurs ont contribué à la libération de la France en s’engageant aux côtés du général Leclerc au sein de la 2ème Division Blindée.

Les toutes premières troupes à entrer dans Paris, le soir du 24 août 1944 appartenaient à la 9ème compagnie du régiment de marche du Tchad, surnommée « la Nueve » qui comprenait 146 républicains espagnols.

En inaugurant la stèle le 25 septembre 2011, le Préfet Freysselinard a  honoré la  mémoire de toutes celles et ceux : hommes, femmes et enfants qui ont séjourné entre 1939 et 1941 dans le camp de Miellin : plus de 250 familles, soit plus de 600 personnes.

Je salue les anciens réfugiés, dont certains sont avec nous aujourd’hui, leurs familles et leurs descendants.

Je vous remercie.

Christian Robbe-Grillet - Sous-Préfet de Lure

Posté par sylvie2011 à 20:34 - Actualités - Commentaires [0] - Permalien [#]

Discours de Brigitte QUICHON, Consul (H) d'Espagne à Besançon - Cérémonie des 80 ans du Camp de Miellin

Cérémonie en Mémoire des internés du Camp de MIELLIN
Haute-Saône,  22 septembre 2019

Monsieur le Sous-Préfet,
Monsieur le Maire de Servance - excusé
Monsieur le Maire de Miellin,
Madame et Monsieur les adjoints aux Maires de Mélisey et Lure,
Madame la Conseillère Départementale,
Madame la représentante du monde combattant,
Madame la Présidente de l’Amicale du  Camp de Miellin (con un fuerte abrazo desde Miellin…)
Mesdames et Messieurs,

Une tradition sans faille et des convictions appuyées réunissent ici les descendants des réfugiés internés dans le camp de Miellin. Cette tradition représente un instant majeur sur les lieux même d’une souffrance,  et on vient y rendre  hommage au  courage, à la dignité, de plus de 600 femmes et enfants.

Et c’est un honneur pour moi d’être parmi vous ce matin pour cette cérémonie dédiée aux internés du camp de Miellin.

Il y a 80 ans, c’était la Retirada, l’exode de milliers de républicains espagnols suite à la défaite des forces loyales à la République durant la Guerre civile.

Entre janvier et mars 1939, près d’un demi-million de républicains espagnols arrivèrent sur le sol français.

On sait pour en avoir si souvent entendu le récit, quel fut le décompte des heures de fureur et d’inquiétude, le choc des combats, la marée de l’exil,  et ici résonne le souvenir de la fuite désordonnée, de l’escorte lourde des disparus, du chagrin des familles inquiètes,  de la peur du lendemain, de  la peur tout court.

Certains, comme votre présidente, Mme Aurelia Moya-Freire, n’avaient connu que le tumulte depuis leur enfance ou leur adolescence, tumulte devenu le compagnon de route tristement familier.

Ils connurent à leur arrivée  en  Haute-Saône l’accueil généreux de nombreuses familles des communes du département, qui hébergèrent en février 1939 des centaines de familles de républicains espagnols, et la relation entre les descendants des uns et des autres s’est maintenue au cours des années.

C’est l’occasion de nous incliner devant la générosité et la solidarité démontrée à l’égard de nos compatriotes.  

Mais le  souffle retrouvé et  le  semblant de normalité  fut bref car vite terni par des dispositions réglementaires et une loi établie en temps de guerre à l’encontre des étrangers.

Et ce fut l’internement.

Dans ce paisible paysage, des femmes et des enfants, des vieillards, se retrouvèrent alors transférés dans ce camp,  cernés par des barbelés, et y connurent l’humiliation de l’internement, dans la promiscuité, avec la faim, la maladie,  des carences sanitaires et hygiéniques, et le froid sibérien de l’hiver 1939.

De la douleur des affrontements suivi  de la souffrance des populations  il  reste à présent cette stèle, et ce calendrier des mémoires collectives, un calendrier étiré depuis 80 ans.

Seul le recueillement pourra trouver place ici, en cet espace d’émotion où chacun d’entre nous saura s’abandonner à ce silence.
Devant cette stèle où se raconte une douleur de l’Histoire des peuples,  il faut aimer ces instants qui  réunissent pour commémorer et où, chacun d’entre nous, loin des divergences et des désaccords du quotidien, ne peut que se sentir proche de ceux qui nous accompagnent ici.

En ce jour dédié  à  la mémoire des centaines de femmes, enfants et invalides internés à Miellin,  mais aussi ce jour anniversaire  de la  libération de la commune le 22 septembre 1944, commune où fraternellement nombre d’autres stèles rappellent les combats de la Libération de la France, ajoutons à notre recueillement et à nos  pensées un autre anniversaire, celui du 75ème anniversaire de la libération de la France, et avec lui la mémoire d’autres hommes, républicains réfugiés venus d’Espagne, exilés qui s’engagèrent et  firent partie glorieusement des armées de la France , et parmi eux :
*ceux de la Nueve du général Leclerc qui furent les premiers à entrer dans Paris le 24 août 1944 avec leurs blindés portant des noms comme Teruel, Ebro, Madrid  ou Guadalajara , et  nombreux reçurent la croix de guerre ; ils étaient 146 en débarquant en Normandie, et n’étaient plus qu’une poignée à leur arrivée au Nid d’Aigle d’Hitler.
* ceux qui rejoignirent la Résistance française et les maquis, et nombre d’entre eux   furent arrêtés, emprisonnés, torturés, fusillés par l’occupant.

Et permettez-moi d’ajouter particulièrement la mémoire de deux républicains espagnols, Saturnino Trabado et Balthazar Robledo, du groupe de résistance  Marius VALLET, Morts pour la France.

La médaille de la Résistance vient de leur être décernée et un hommage solennel  rendu ce dernier 8 septembre en la Citadelle de Besançon.

La mémoire de tous  est ainsi respectée, l’hommage que nous leur devons  est ainsi rendu.

Mais à présent j’adresse, ou plutôt nous adressons, avec notre Consulat Général à Strasbourg et tout particulièrement la chancelière, Mme Medrano Irazola, qui sont présents par la pensée, des compliments particuliers à Mme la présidente Aurelia Moya-Freire, et aux membres de l’Amicale du Camp de Miellin, qui ont rendu possible cet évènement, en soulignant leur  travail de grande qualité  et leur effort d’investigation et de reconstitution de la mémoire.

Le  courage de ces femmes et de ces enfants pour leur survie en temps de guerre représente un exemple pour les générations futures  et il faut connaître et faire connaître leur histoire.

Elle appartient à la mémoire historique de l’Espagne, elle appartient à notre Histoire à tous.

Merci.

Brigitte QUICHON
Consul (H) d’ESPAGNE à Besançon
22 septembre 2019

Posté par sylvie2011 à 20:30 - Actualités - Commentaires [0] - Permalien [#]

Discours de Carmen Ruiz - Cérémonie des 80 ans du Camp de Miellin

Il y a 80 ans, trahie par son armée et par la rébellion de ses généraux félons alliés aux forces allemandes et italiennes la république Espagnole fût vaincue.


Abandonnée par les autres pays Européens avec peu d'armes, seule avec le courage et le sacrifice des défenseurs de la république aidés des Brigades Internationales. La défaite entraîna la retraite "La Retirada" elle jeta sur les routes de l'exil près d'un demi-million de réfugiés principalement vers la France et l'Afrique du Nord colonies françaises.

Fuyants les bombardements et l'avancée des troupes franquistes ils trouvèrent la frontière fermée. Devant la masse de réfugiés après de longs pourparlers et la menace de Franco de tirer sur les fuyards la France se décida enfin à ouvrir la frontière.

L'accueil des autorités françaises ne fût pas à la hauteur de la renommée de la France patrie des droits de l'homme.
Contre toute humanité à la frontière sur des aires de triages, on sépara les familles sans tenir compte de leurs souffrances: d'un côté les femmes, enfants, vieillards et invalides.

Cette masse de civils démunis, affamés et frigorifiés privé du soutient soit d'un mari, d'un père, d'un grand frère et que seul des bénévoles vinrent réconforter avec un peu de lait chaud, un peu de soupe et de pain, attendait à tout vent dans le froid de l'hiver en février 1939.

D'un autre côté les hommes gardés par des gendarmes étaient envoyés sur les plages du littoral précédés de quelque gendarmes avertissant la population des villages traversés "fermer portes et fenêtres et volets une troupe de rouge va passer "  (un film d'époque existe passé sur la 3 Languedoc-Roussillon).

Mais ces rouges non regardables ne sont que des hommes vaincus, hirsutes, affamés et éreintés se rendant à pieds dans des camps improvisés sur les plages.

Enfermés derrière des barbelés sans abris creusant des trous dans le sable pour se protège du froid et de la tramontane d'hiver sous la surveillance de spahis marocains ou de tireurs sénégalais n'ayant que la mer pour horizon qui leur sert pour faire leurs besoins et leur toilette corporelle.

Le peu de nourriture reçue balancée par-dessus les barbelés comme pour des animaux ainsi que les maladies et la vermine qui les envahissaient ont fait des milliers de morts dans ces camps.

A l'appel des autorités, 70 départements se portèrent volontaires pour accueillir des réfugiés alors on fit grimper dans des trains pour une destination inconnue: les femmes enfants vieillards et invalides, ajoutant à leur misère l'angoisse et la peur d'être ramené en Espagne.

Certains de ces trains eurent pour destination la Haute-Saône, Lure et Vesoul principalement 1600 réfugiés environ ont été répartis dans 21 localités du département.

A Plancher-Bas et Plancher-les-Mines les enfants furent accueillis dans des familles et scolarisés, les mères tantes ou autre parenté accueillis dans des structures proches d'eux pour les voir au quotidien. Certaines familles comme à Gray furent logées ensemble dans l'ancienne et vétuste prison, les enfants scolarisés, les adolescents autorisés à trouver un emploi le peu d'argent gagné améliorait l'ordinaire.

D'autres familles logées dans des presbytères les enfants dans des familles  d'accueil comme à Saint-Loup sur Semousse, d'autres au château d'Héricourt, d'autre encore dans un sanatorium à Navenne comme ma mère et mon frère aîné. Tous étaient libres de sortir et se promener.

Au vue des velléités de guerre les autorités françaises programment la concentration des réfugiés espagnols. Septembre 39 sonna le glas de cette courte et précaire liberté. La déclaration de guerre provoqua la rafle des réfugiés c'est ainsi que plus de 600 d'entre eux furent internés dans un camp situé dans une ancienne usine de tissage désaffectée dans un fond de vallon, derrière des barbelés, surveillés par un directeur ancien gendarme et deux gardiens ici à Miellin.

Ces femmes ces enfants ces vieillards et ces invalides n'étaient pas de dangereux criminels que l'on devait absolument privés de liberté et d'instruction pour les enfants. Très peu nourris, privés d'hygiène sans eau courante, privé de soins réguliers, nombres d'entre eux tombent malades et envoyés à l'hôpital temporaire de Lure situé dans le dortoir du collège de filles réquisitionné. De nombreux décès surviennent dont on ne trouve pas traces ni à Lure ni à Miellin sauf celui de Carmen Ferran 12 ans qui a eu des obsèques religieuses.

Dans les camps du littoral ainsi que dans tous les camps du sud les conditions de vie sont épouvantables. Le rapatriement  est utilisé comme outil répressif en cas d'incidents souvent des disputes ou bagarres la promiscuité en étant souvent la cause, je vais vous lire une circulaire affichée dans le camp d'Argelès.

"Tous les réfugiés espagnols qui ne peuvent démontrer que leurs familles rendent un service à la France soit dans l'armée soit dans le travail industriel ou agricole seront rapatriés. Pas d'exception cette mesure concerne les femmes et les hommes. On tiendra compte uniquement que des réfugiés qui ont des motifs graves pour ne pas retourner en Espagne." C'est pourquoi on obligeait les réfugiés à s'engager dans la légion étrangère ou dès l'été 39 dans des CTE crées à l'occasion pour remplacer les français mobilisés. Cette main d'oeuvre pas payée était nécessaire pour les travaux des champs, pour le bûcheronnage pour la fortification de la ligne Maginot et de la frontière italienne  pour la construction de routes comme à Barcelonnette dans les Alpes de Haute-Provence ou tout près d'ici à Mollans sous bonne garde. Certains réfugiés dit "fortes têtes" étaient envoyés directement en Allemagne notamment Mauthausen pour terminer ce camp d'extermination et en être les premières victimes: 5000 y périr. Lors de la libération du camp les réfugiés survivants accueillir les libérateurs avec une banderole disant "Les Espagnols anti-fascistes saluent les forces alliées".

Les réfugiés qui sortent des camps trouvent du travail mais ils vivent mal. Leur statut de réfugiés  font qu'ils sont sous payés et mal logés.

L'Espagne à cause de la guerre civile s'est privée de multiples compétences et de savoir-faire et de nombreux intellectuels (médecins, professeurs, ingénieurs, artistes peintres etc...) la liste serait longue.

La France elle méprise toutes ces compétences et n'emploie les réfugiés qu'à des travaux durs et ingrats.
Mais que dire de l'engagement des Républicains Espagnols venant des camps de concentrations français en plein désert délivrés par les troupes alliées et qui allaient former la 9ième compagnie appelée "ESPAGNOLA" sous le commandement de l'amiral BUIZA lui-même interné dans un de ces camps et un des rares officiers fidèle à la République Espagnole qui alla ancrer sa flotte dans le port de Bizerte en Tunisie pour qu'elle ne tombe pas aux mains de Franco, mais hélas la France la rendit quelques mois après aux franquistes. Cette neuvième compagnie préfigurait la naissance de la future Nueve.

En août 43, l'afflux massif de Républicains libérés et de déserteurs de l'armée fidèle à Pétain présents dans la force L de Leclerc en Afrique du nord commencèrent à former ce qui allait devenir une des plus célèbres unités militaires de la seconde guerre mondiale: la deuxième division blindée plus connue sous l'abréviation 2ième DB. Elle fut créée officiellement le 24 août 43 et une de ces compagnies

LA NUEVE fer de lance de Leclerc libérera un an après jour pour jour la capitale Française. Composée de 160 hommes dont 146 républicains espagnols seul 16 hommes survivront.

Dans les camps du sud les hommes se voyaient  offrir le retour en Espagne ou un engagement  dans la légion étrangère au début pour 5 ans mais fin 39 début 40 pour la durée de la guerre ils formaient les bataillons  de marche volontaires étrangers le 21ième et le 22ième à moitié espagnols le 23ième exclusivement espagnol. Plus tard au nord de l'Afrique 6 régiments supplémentaires avec des milliers de résidents espagnols ou d'origine espagnole ainsi que des réfugiés. Ils formeront la 13 demi brigade de la légion étrangère la DBLE qui deviendra l'unité la plus célèbre de la légion étrangère française de la seconde guerre mondiale parce qu'elle fût la seule qui malgré la devise "Honneur et Fidélité" à son retour de la guerre nordique à rejoindre la France du général De Gaulle.

Nombre de ces officiers s'étaient méfiés des républicains espagnols les appelants les communistes ou les rouges et n'acceptant  que contraints qu'on les prit en Norvège. Or ces rouges se battirent comme des lions dans les sierras enneigées  Norvégiennes avec des actions de grand héroïsme, les archives de la légion en garde des traces dans "les carnets de Marche" dont celui de Gayoso premier soldat de la 13ième DBLE à recevoir la médaille militaire et c'est grâce à leurs exploits que le drapeau de la légion étrangère arbore la croix de guerre avec palme collective obtenue lors de la campagne de Norvège.

Le nombre de républicains espagnols engagés dans la légion étrangère française oscille entre 12 000 et 15 000.

Les républicains espagnols ont luttés dans diverses batailles où combattirent les français au cours de la seconde guerre mondiale : combattants de la 2ième DB, légionnaires, maquisards ils étaient valeureux et durs au combat mais ils n'ont reçu majoritairement aucune reconnaissance de la France même si beaucoup ont leurs noms gravés sur les monuments" "Morts pour la France" les trois quarts ont péris. L'engagement des réfugiés dans la libération de la France a forcer le respect des français qui les ont côtoyer au quotidien, ils sont devenus des voisins aimables et serviables qui se sont parfaitement intégrés dans la société française ainsi que leurs descendants.

Voici retracé en quelques lignes et en leur mémoire le parcours de ceux que l'on appelait "les indésirables"

Ne les oublions pas ayons une pensée pour tous ceux de toutes nationalités qui ont participé par le sang versé à la libération de la France et au rétablissement de la paix en Europe ils ont défendus des valeurs universelles sans lesquelles nous ne pourrions pas vivre en paix. Mais l'histoire est un éternel recommencement, 80 ans après la Retirada et 75 ans après le débarquement, le nationalisme progresse partout en Europe. Restons vigilants défendons la démocratie.

Je vais vous citer une phrase d'Albert Camus. "Faites attention quand une démocratie est malade le fascisme vient à son chevet mais ce n'est pas pour prendre de ses nouvelles".

VIVE LA REPUBLIQUE.

Posté par sylvie2011 à 20:23 - Actualités - Commentaires [0] - Permalien [#]

Dicours de Delio Pellejero - Cérémonie des 80 ans du Camp de Miellin

Delio Pellejero,
Fils, petit-fils, neveu de 19 internés au camp de Miellin originaires
Du village de Velilla de Ebro en Aragon
Trésorier Amicale du Camp de Miellin
Monsieur le Sous-Préfet
Madame le consul d'Espagne
Madame, Monsieur les élus.
Madame Gaidry  représentante  de l'UDAC  et de l'ANACR à Vesoul

Chers amis

C’est toujours avec la même émotion que nous nous retrouvons ici dans cette jolie vallée, ce petit village et ses habitants devenus des familiers.

C’est ici devant cette forêt qui a préservé une page de notre lointaine histoire que nous avons tenu à graver sur le granite des Vosges cette stèle.

Il était important pour nous de se retrouver ici en cette année 2019, ou l’on célèbre les 80 ans de ce qui fut un des plus grands drames  du vingtième siècle : la Retirada.

En 1939, depuis trois années déjà, les républicains espagnols s’étaient levés les premiers pour affronter le fascisme, ce redoutable ennemi qui allait balayer les démocraties européennes et c’est une terrible guerre civile qui allait anéantir une république exsangue synonyme de tant d’espoir pour ce pays maintenu dans un système totalitaire archaïque jusqu’en 1931. Cet effondrement allait déverser des centaines de milliers de familles républicaines  désemparées sur les chemins de l’exil ; pour l'immense  majorité en France.

En Septembre, 600 femmes et enfants accueillis dans l’urgence dans la Haute-Saône dans des structures précaires souvent seront regroupés et internés dans ce sinistre camp alors qu'au loin déjà derrière ces montagnes résonnaient    les bruits de bottes de la bête immonde qui s’apprêtait à envahir notre patrie.

En février, à la frontière un officier républicain se faisait charrié par des soldats français au sujet de leur débandade devant l’armée fasciste ; il leur répondit : aujourd’hui  c’est nous  demain ce sera vous !! Quel pressentiment ; On sait ce qu’il adviendra en juin 40.

Ici derrière les murs encore debout de cette ancienne usine allait commencer pour ces femmes et enfants rescapés d’un naufrage où tant des leurs étaient tombés une véritable descente aux enfers.

D’abord l’isolement et l’enfermement pour ces réfugiés qui s’étaient battus pour la liberté et rêvaient d’une France plus accueillante ; le sentiment d’abandon pour ces femmes dans la détresse endeuillées par cette terrible débâcle

Entassées dans des chambrées improbables de 60, serrés les uns contre les autres dans des couvertures de survie ils durent faire face à ce terrible hiver 1940 bien loin des clémences du climat de leur pays.

La faim, un ravitaillement incertain, une hygiène de vie déplorable  et la peur d'être remmenés en Espagne voilà ce qui  les attendait dans ce camp ? mais  leur restait l'espoir que le tyran Franco serait bientôt vaincu et qu'ils pourraient regagner leur patrie au plus vite.
La promiscuité et les maladies finissaient par anéantir ces corps fragilisés par tant d’épreuves que l’on finissait par emmener à Lure souvent vers un destin cruel.

La discipline bien sûr était de règle et les tentatives de sortie du camp durement sanctionnées ; les barbelés les condamnaient à l’oubli comme si la volonté de cacher cette détresse humaine avait été manifeste. Ma famille passa une année dans ce camp et ne vit jamais la tour d’église de ce village.

Cependant peu à peu ces réfugiés allaient sortir du camp et leur famille se reconstituer : la France avait besoin de bras pour consolider ses frontières, dans les usines et les campagnes désertées par nos soldats appelés à la guerre.

On les retrouvera bien sûr dans les combats de la Résistance, les armées de la France Libre et les travaux de la reconstruction de notre Pays ou commencera une intégration souvent citée comme exemplaire.
Leur restait encore à affronter le pire, pour beaucoup l’exil, même si la France leur avait donné déjà une deuxième patrie.

En 1976 dans l’Espagne de l’après Franco où souvent les  bourreaux de leur famille d’hier avaient rapidement changé de casquette; il n’y avait plus de place pour eux si ce n’est un peu de sable sur les plages de leurs vacances !!

Le temps avait fait son œuvre et c’est dans notre pays qu’allait se sceller leur avenir avec malheureusement déjà pour certains un lopin de terre  où ils reposent désormais  dans notre belle terre de France.

Nous pouvons être fiers de la justesse de leurs engagements, les valeurs républicaines qu’ils ont défendues malgré un sacrifice ingrat qui les jeta sur les chemins de l’exil et de l’humiliation comme ici dans ce camp.

Nos recherches nous ont permis de retrouver des anciens internés et leur famille et nous savons qu’au fond de leur cœur il y a toujours un petit peu d’Espagne qui palpite.

Nous sommes venus, nous reviendrons à Miellin

Vive Miellin
Vive la République Espagnole
Vive la France

Posté par sylvie2011 à 20:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 23 septembre 2019

Ne pas oublier le dur chemin de l’exil des républicains espagnols - Article de l'Est Républicain - Patricia Louis

Ils avaient fui le fascisme en Espagne et se sont retrouvés internés dans les camps en France. À Miellin, 600 personnes se sont retrouvées entassées dans une usine désaffectée. C’était il y a 80 ans. Les descendants s’en souviennent.

 ER_1_MARIUS

Émouvante cérémonie en présence de Marius Castel, un des derniers rescapés et de  consule honoraire. Photo ER/ Patricia Louis

Dans cette jolie vallée, la douloureuse expérience des réfugiés républicains espagnols est désormais gravée dans le granit des Vosges sur une stèle, rappelle Delio Pedro Pellejero, fils et petit-fils de 19 personnes internées. Toutes originaires d’Aragon. Il est aujourd’hui trésorier de l’Amicale de Miellin, attachée à ce que la mémoire de ceux qui ont vécu dans ce « sinistre camp », ne soit pas oubliée.

« Descente aux enfers »

« Derrière ces murs, les rescapés d’un naufrage ont vécu une descente aux enfers », souligne-t-il. Des femmes avec enfants séparées de leurs maris et plongées dans la détresse, vivant avec la peur au ventre d’être ramenées en Espagne. « Ma famille a vécu une année dans ce camp et n’a jamais vu l’église de ce village ». Les personnes internées ne pouvaient pas quitter le camp et étaient surveillées. « Je me souviens qu’il y avait un mirador quand nous sommes arrivés », confirme Marius Castel, 87 ans, un des derniers rescapés, revenu pour la première fois dans le village.

Privés d’hygiène

 « L’accueil des autorités françaises n’a pas été à la hauteur de la patrie des droits de l’homme », martèle Carmen Gordillo, descendante des réfugiés. « Il y a eu des milliers de morts dans ces camps ». Les conditions de vie étaient précaires. « Ils étaient derrière les barbelés, surveillés par un ancien gendarme. ils étaient peu nourris et privés d’hygiène ». Les malades étaient transférés à l’infirmerie de Lure. Beaucoup n’ont pas survécu et on a perdu leurs traces.

Solidarité des familles de la région

Dans la grisaille de ce fond de vallée, quelques lueurs d’espoir. Beaucoup de familles de la région ouvrirent leurs portes, évoque Sylvie Coutherut, conseillère départementale. D’autres apportèrent vivres, vêtements et chaussures aux réfugiés.

De son côté, Brigitte Quichon, consule honoraire auprès du consulat espagnol de Strasbourg, salue la solidarité et la générosité dont ont fait preuve ces familles. Avant d’évoquer le courage et la dignité des réfugiés.

Depuis 2011, dans le village une stèle honore la mémoire de ces réfugiés espagnols internés dans ce camp. « Ce camp mal nommé à l’époque camp de concentration par l’administration, précise Christian Robbe-Grillet, sous-préfet.

80 ans plus tard, qu’aura-t-on retenu de cette histoire ? Pas grand-chose, note Sylvie Coutherut. « Les camps de réfugiés sont encore une réalité. La traversée de la Méditerranée est comparable à celle des Pyrénées en 1939 ». Et Carmen Gordillo de soupirer : « L’histoire est un éternel recommencement. 80 ans après, les nationalismes progressent partout en Europe ».

Patricia LOUIS

Posté par sylvie2011 à 09:36 - Actualités - Commentaires [0] - Permalien [#]

Miellin : les 80 ans du camp de réfugiés Espagnols qui fuyaient le Franquisme - France Bleu

Ecouter ou réécouter le reportage de Jean-François Fernandez (France Bleu Besançon)

Le reportage audio : https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2019/09/0f70db68-3cb1-4424-8762-a57e5e966771/6h47_camp_de_miellin_enro.mp3 (faire un copier coller)

Le reportage sur France Bleu : https://www.francebleu.fr/infos/societe/miellin-les-80-ans-du-camp-de-refugies-espagnols-qui-fuyaient-le-franquisme-1569168567

Retranscrit avec les photos ci-dessous

De 1939 à 1941, à Miellin en Haute-Saône, 600 réfugiés Espagnols qui avaient quitté leur pays pour fuir le régime de Franco ont été internés dans une ancienne filature. Entassés, ils ont affronté le dur hiver de 1939. Une cérémonie avait lieu ce dimanche pour les 80 ans de ce camp.

FB_STE

Stèle érigée le 25/09/2011 à Miellin en Haute-Saône © Radio France- Jean-François Fernandez
 

Miellin, France

C’est un passé pas très glorieux de la France. En 1939 des républicains Espagnols qui fuient la guerre civile dans leur pays, et surtout le Franquisme, passent la frontière et se retrouvent bloqués dans les Pyrénées. La France finit par ouvrir sa frontière à ½ million de réfugiés Espagnols. Cet exode est appelé "la Rétirada", la retraite. Des camps d’internement sont montés à la hâte sur les plages du Roussillon et dans le sud-ouest de la France. Certains sont envoyés dans l'Est de la France.

600 d’entre eux, des familles avec enfants se retrouvent internés en Haute-Saône dans une ancienne filature transformée en camp. De l’ancienne filature qui a servi de camp d’internement de 1939 à 1941 il ne reste que quelques murs dans la forêt, la végétation a pris le dessus.

FB_CAMP

Vestiges du camp qui était une ancienne filature. Il ne reste que des pans de murs envahis par la végétation. Ici on devienne la forme des toits en shed de l'ancienne usine qui servait de dortoirs © Radio France - Jean-François Fernandez


Les habitants du village n’avaient même pas connaissance de la présence de ces réfugiés Espagnols.

Entassés dans des chambres de 60, ils ont affronté le terrible hiver de 1939, certains sont morts de maladies, les survivants étaient affamés.


Les souvenirs d'un enfant de 6 ans

Marius Castel a 86 ans, aujourd'hui il vit en Normandie près du Mont Saint Michel. Quand il est arrivé en 1939 à Miellin avec ses parents il n’avait que 6 ans.

    Quand nous sommes arrivés devant la porte de l'usine, il y a avait un mirador, et un homme qui avait une mitraillette"

FB_MARIUS

Marius Castel, 86 ans, fils de réfugiés Espagnols, arrivé à Miellin à l'âge de 6 ans © Radio France - Jean-François Fernandez

A l’entrée de Miellin un petit chemin descend vers la forêt, juste en face une stèle érigée en 2011 rappelle que le village a caché des centaines de réfugiés Espagnols.

FB_CAMP2

Départ du chemin qui descend dans la forêt où se trouvent les restes du camp. © Radio France - Jean-François Fernandez

FB_CAMP3

De l'ancienne filature il ne reste que des murs envahis par la végétation. © Radio France - Jean-François Fernandez


Le devoir de mémoire

Carmen Gordillo dont les parents ont été internés à Miellin s’est battue avec l’amicale des anciens réfugiés républicains Espagnols de Miellinpour que ce passé soit connu et reconnu.

"C'est un devoir de mémoire pour ceux qui sont décédés, ceux qui sont loin" précise Carmen Gordillo, "On cherche toujours des anciens du camp, ou des descendants, pour faire notre travail de mémoire".

FB_CARMEN

Carmen Gordillo, dont les parents ont été internés à Miellin © Radio France - Jean-François Fernandez

Deux enfants, descendants de réfugiés du camp de Miellin ont déposé une gerbe sur la stèle du souvenir érigée  le 25 septembre 2011. Avant cette date, l'existence de ce camp était inconnue de nombreux Haut-Saônois.

FB_MATHIS_JULIA

Des petits enfants de réfugiés de Miellin déposent une gerbe lors de la cérémonie du souvenir © Radio France - Jean-François Fernandez


 

 

Posté par sylvie2011 à 09:16 - Actualités - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 21 septembre 2019

Marius, un des derniers rescapés du camp de Miellin (L'Est Républicain - 21/09/2019)

Article de l'Est Républicain de Patricia LOUIS

Marius Castel, fils de réfugiés espagnols, sera, pour la première fois, de retour au camp de Miellin où il fut interné il y a 80 ans, avec sa mère et sa sœur. Il avait 6 ans. Il ne souhaite pas s’appesantir sur les souffrances de ce rude hiver sans chauffage.

Il lui reste quelques images de ce camp perdu dans la forêt où furent entassés jusqu’à 600 réfugiés espagnols après la guerre d’Espagne (1936-1939) , dans une ancienne usine de tissage. « Nos conditions d’hébergement furent très rudimentaires. On nous fit dormir les uns à côté des autres sur des bat-flanc avec un peu de paille. Il n’y avait pas de chauffage. Les sanitaires et lavabos y étaient insuffisants ». Aujourd’hui, Marius Castel, 87 ans, ne tient pas à s’apitoyer sur lui-même. « Ce n’était pas un camp de concentration ».

Une pomme de terre dans la neige : « Un régal extraordinaire »
Il se souvient de deux épisodes qui ont réchauffé son cœur d’enfant. Loin des querelles d’adultes, il s’amusait avec ses petits camarades à glisser sur la rivière gelée pour atteindre un champ. « Avec un bout de branche cassée, j’écartais la neige et je réussis à déterrer une grosse pomme de terre. Elle n’était pas gelée. Avec la peau et la terre qui lui collait dessus, je la mangeais. Ce fut un régal extraordinaire ». Un « festin » dans un quotidien frugal.
Une autre image lui revient en mémoire, celle d’un buisson de tiges rouges dans la neige étincelante. « Ce buisson ravit mon cœur par sa beauté. En extase, je vis le buisson ardent de la Bible qui flambait sans brûler ». Cette conscience du merveilleux accompagne encore ce jeune homme de 87 ans, au regard pétillant.

Le cœur éternellement reconnaissant
De son passage à l’infirmerie de fortune, à Lure, où il fut soigné, il a, en revanche, tout oublié. Face au bâtiment qui abrite aujourd’hui un centre social, il ne reconnaît rien. Comme la mémoire est sélective, sourit-il, bien décidé à ne se souvenir que de belles choses. Comme la chaleur des familles d’accueil à Saint-Loup, premier point de chute avant Miellin. « Nous avons été hébergés dans un presbytère désaffecté. La population venait nous apporter à manger ». Avec sa mère et sa sœur, il a tissé des liens d’amitié très forts. Le cœur éternellement reconnaissant, il a fait un voyage il y a une vingtaine d’années pour rencontrer Germaine Bolmont. « À l’époque, elle travaillait dans une fabrique de pantoufles. Son mari fut tué à la guerre. Nous avons entretenu une correspondance ».
En 1940, la famille rejoint le père dans les Landes. Un père dont il était sans nouvelles depuis la Retirada (exil). Les hommes de plus de 18 ans étaient retenus à la frontière.
Grâce à la persévérance de leurs fils et filles et de l’Amicale de Miellin, l’histoire de ceux qui ont connu l’horreur au bout de l’exil n’est pas tombée aux oubliettes.

Commémoration ce dimanche, à 11 h, devant la stèle, à Miellin, des 80 ans du camp et de la Retirada


MARIUS_EST_REPUBLICAIN

Marius Castel devant la plaque de l’infirmerie où il fut soigné à Lure. Un épisode dont il n’a gardé aucun souvenir. Photo ER/ Patricia LOUIS

 

 

Posté par sylvie2011 à 18:50 - Actualités - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 25 août 2019

Assemblée Générale - Camp de Miellin - 21 septembre - Convocation : participez ou donnez mandat

Chère Amie, Cher Ami,
Cher Adhérent,

Le Bureau de "l’Amicale Camp de de Miellin" vous informe que son Assemblée Générale se tiendra :

Samedi 21 septembre 2019 à 17 heures

Salle des fêtes de Miellin

70440 MIELLIN SERVANCE

Ordre du jour :

  • Rapport moral 2018/2019
  • Rapport d’activité 2018/2019
  • Rapport financier 2018/2019
  • Perspectives et actions de l’Amicale
  • Discussions et votes
  • Election du Bureau (examen des candidatures éventuelles en qualité de membres de la Famille ou d’Amis de l’Amicale).                                                                   

 

Nous espérons votre présence. Merci de nous indiquer, via le formulaire  2019_AG_CAMP_DE_MIELLIN_MANDAT  si vous serez présent et si vous serez accompagné. En cas d’impossibilité, il vous faut donner mandat pour vous représenter à l’Assemblée à :

- Carmen RUIZ - vice-présidence ou

- Sylvie DELYS - secrétaire ou

- Delio PELLEJERO- trésorier.

Le mandat doit être adressé à Sylvie DELYS - Appartement A206 - 7 rue Francisco Ferrer - 94200 Ivry sur Seine (Secrétaire de l’Amicale) ou par email à stdelys@yahoo.fr avant 16 septembre 2019.  

L’Assemblée Générale sera suivie d’un repas convivial dans la salle des fêtes. Les participants pourront venir avec une spécialité.

Espérant votre réponse et votre présence recevez, Chère Amie, Cher Ami, nos chaleureuses salutations.

Bien à vous.

Le Bureau de l’Amicale Camp de Miellin

Posté par sylvie2011 à 12:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Cérémonie commémorative à Miellin - Dimanche 22 septembre 11 heures - Réfugiés républicains espagnols du Camp de Mi

L'Amicale Camp de Miellin poursuit son devoir de mémoire en rendant hommage aux anciens réfugiés républicains espagnols.

Ainsi, le dimanche 22 septembre 2019, à Miellin, en présence du Consul Général d'Espagne à Lyon, de Monsieur le sous-préfet de Lure, de Madame Sylvie COUTHERUT Conseillère départementale du Canton de Mélisey, de Monsieur le Maire de Miellin Servance, nous commémorerons les 8o ans du Camp de Miellin ainsi que ceux de la Retirada.

Notre Amicale vous invite à cette cérémonie.

Dans un souci d'organisation, ceux qui le souhaitent peuvent compléter le formulaire de participation.

https://forms.gle/DmNGqJd5jYyrno5w8

Cérémonie Commémorative des 80 ans du Camp de Miellin et de la retirada.

Miellin - Champ de la Grange

Dimanche 22 septembre 2019 - 11 heures (accueil dès 10H30)

 

Au plaisir de vous rencontrez nombreux

Posté par sylvie2011 à 12:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 24 août 2019

Adhérez à l'Amicale Camp de Miellin en 2019...

Le bulletin d'adhésion pour l'année 2019 est disponible.

Notre Amicale, vous le savez, a besoin du soutien de tous ses adhérents. Avec votre adhésion vous apportez votre contribution à la défense des valeurs qui sont les nôtres pour perpétuer la Mémoire de ceux qui furent internés au camp de Miellin.

Le bulletin d’adhésion est à retourner accompagné de votre chèque au trésorier Pedro PELLEJERO
Amicale Camp de Miellin
Delio Pedro PELLEJERO
Le Buissonnet
37 270 AZAY SUR CHER
 
Delio vous adressera en retour votre carte d'adhérent 2019.
Merci pour votre précieux soutien.
Merci à tous ceux qui renouvelleront leur confiance à l'Amicale Camp de Miellin. N'hésitez pas à faire adhérer vos amis.
L'Amicale vient de participer à la semaine de l'exil et de la mémoire à Agde où elle a pu présenter le Camp de Miellin, unique Camp de femmes et d'enfants présent. Un moment très émouvant...
Nous vous donnons rendez-vous les 21 et 22 septembre à Miellin pour commémorer les 80 ans du camp et de la Retirada.
A très bientôt. Fuerte Abrazos.

Le Bureau de l'Amicale

Posté par sylvie2011 à 20:55 - Adhérer à l'Amicale - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 3 juin 2019

Rosa Leon chante Ay Carmela


¿Quén se acordaba de tí
en la batalla del Ebro?
¿Quién serías tú, Carmela,
cantada en la voz del pueblo?
¿Qué miliciano te amó
y fue dueño de tu cuerpo?
¿Quén se acordaba de tí
en la batalla del Ebro?
Ay Carmela, ay Carmela...

¿Dónde has estado, Carmela,
oculta todo este tiempo?
¿Por qué se calló tu nombre
y se enterró tu recuerdo?
¿Qué ha sido de ti, Carmela,
en medio de este silencio?
¿Dónde has estado, Carmela,
oculta todo este tiempo?
Ay Carmela, ay Carmela...

¿Estás viva todavía
o te has muerto en el destierro?
¿Pudiste escapar entonces
o te quedaste aquí dentro?
Preguntas y más preguntas
que se va llevando el viento;
el mismo viento que entonces
desordenaba tu pelo.
Ay Carmela, ay Carmela...

¡Ay Carmela, la de España!.
¡Ay Carmela, la del Ebro!
Tu delito fue soñar
y despertar de aquel sueño.
Pero tu nombre ha quedado
en la canción de tu pueblo.
¡Ay Carmela, la de España!.
¡Ay Carmela, la del Ebro!
Ay Carmela, ay Carmela...

Posté par sylvie2011 à 21:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

jeudi 2 mai 2019

Cérémonie commémorative le 22 septembre 2019 à Miellin - Adhésion à l'Amicale

Il y a près de 80 ans, ouvrait le Camp de Miellin.

Cette année, notre cérémonie anniversaire de l'inauguration de la Stèle du souvenir sera l'occasion de commémorer les 80 ans du Centre.
Ainsi, le dimanche 22 septembre, en présence du Consul Général d'Espagne de Lyon, nous rendrons un hommage aux plus de 650 enfants, femmes et invalides qui séjournèrent dans le Camp.
Merci de réserver dès à présent cette date.

Nous espèrons que plusieurs de nos jeunes anciens pourront faire le déplacement. Ce serait émouvant et extraordinaire.

L'Amicale profite de cette cérémonie pour tenir son assemblée générale à Miellin le samedi 21 après-midi. Des précisions vous seront adressées rapidement.

Les personnes qui pensent être présentes sont invitées à se faire connaitre par email stdelys@yahoo.fr ou auprès de notre trésorier Delio delio.pellejero@orange.fr.

Et n'oublions pas le bulletin d'adhésion. Certains s'étonnent de ne pas l'avoir encore reçu ! Vous pouvez le télécharger ci-dessous. Nous vous remercions de votre confiance.
BULLETINADHESION2019CAMPDEMIELLIN

Le Bureau de l'Amicale

Aurélia, ramon, Carmen, Cinta, Sylvie et Delio

Posté par sylvie2011 à 20:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 10 juin 2018

Authoison : village d'accueil de réfugiés espagnols - recherche d'informations

L'amicale recherche des informations sur une réfugiée accueillie en 1939 dans le village d'Authoison. 

Si vous ou votre famille, vous avez connu Paquita Miracle, ou d'autres réfugiés espagnols accueillis dans le village d'Authoison, merci de prendre contact avec l'Amicale.

Paquita Miracle est née dans le quartier de Sants (Barcelone) le 27 octobre 1913. Elle appartenait au PSUC (Parti socialiste unifié de Catalogne). Elle faisait partie de la marée humaine qui est allée en France entre la fin janvier et février 1939 après l'écrasement de la République espagnole. Juste enceinte, à la frontière elle a été séparée de son mari Ramon Vila et transférée à la ville d'Authoison. Elle a travaillé comme infirmière à l'hôpital de Vesoul où son fils Germán est né. Au premier trimestre de 1940, elle est retournée en Espagne où elle a été emprisonnée avec son bébé.

Photo de Paquita Miracle, réfugiée à Authoison, photographié avec d'autres réfugiés républicains le 1er juillet 1939.

paquita_haute_saone

Posté par sylvie2011 à 20:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 21 janvier 2018

Très belle année 2018

Chère Amie, Cher Ami,

Le Bureau de l’Amicale Camp de Miellin-1939 vous présente ses meilleurs Vœux pour la Nouvelle Année.

Que l’année 2018 vous soit clémente et douce, en compagnie des êtres qui vous sont chers, dans un monde où régne la Paix, la réconciliation et la Solidarité.

En 2017, grâce à vos cotisations et à la souscription lancée - toujours fidèle à perpétuer la mémoire des mamans, enfants et invalides internés au Camp de Miellin, l'Amicale a apposé une plaque commémorative sur le mur de l’ancienne prison de Gray qui abrita plus d’une centaine de réfugiés espagnols. Nous vous en remercions vivement.

Pour 2018, l'Amicale réfléchit à la publication d'une brochure des témoignages d’anciens internés ou ceux des membres de leur famille (déjà publiés sur notre blog ou dans la presse). Cette initiative contribuera, ainsi, à sauvegarder la vérité historique. Dans cette optique, votre Amicale souhaite recevoir vos "nouveaux" témoignages qui viendraient compléter ceux existant.

Nous comptons tous sur votre collaboration…

Donc, en avant, tous et toutes ! Hasta siempre !

Aurelia, Ramon, Carmen, Delio, Cinta et Sylvie

 

voeux

Posté par sylvie2011 à 17:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 26 novembre 2017

L’Ordre du mérite pour la Présidente de notre Amicale

20171104_AURELIAONM

Le 4 novembre 2017, la présidente de notre « Amicale du camp de Miellin », Aurélia Moya-Freire, a été décorée par Jean Ooghe, chevalier de la Légion d’Honneur, de l’insigne de l’Ordre National du Mérite à Soustons, sous le parrainage de Madame la Maire, Frédérique Charpenel, en présence du vice-président landais de l’Ordre National du Mérite, Robert Alberti.

Frédérique Charpenel lors de son discours a évoqué la mobilisation des Soustonnais pour accueillir des Ethiopiens suite au démantèlement de la jungle de Calais, à leur volonté d’apprendre le français, les liens amicaux noués avec les bénévoles et les équipes d’accueil  en concluant «  Notre grande fierté serait qu’ils gardent un aussi bon souvenir de Soustons que celui que vous gardez de Plancher-Bas ». Puis : «  Merci pour votre détermination à faire en sorte qu’on n’oublie jamais, merci pour votre optimisme, pour votre amour inconsidéré pour la vie, votre combat jamais affaibli pour la liberté et la paix. Vous êtes une Grande Dame ».

Notre présidente dans son allocution a précisé : « Je mesure l’honneur qui m’est fait aujourd’hui en recevant cette décoration  en tant que présidente de l’Amicale du Camp de Miellin et je rends hommage à mes compatriotes internés au camp de Miellin en la partageant avec leurs familles ».

« Jeune réfugiée espagnole, la France m’a accueillie, devenant ainsi ma seconde patrie. En cette fin d’année 2017, à l’aube de mes 93 ans, jetant un regard sur mon passé, malgré les aléas de la vie, les combats menés contre la guerre et les armes atomiques, pour la justice sociale, pour la paix dans le monde, je vous assure que si c’était à refaire, je le referai ».

Toutes nos félicitations à notre belle Présidente.

 

Lien de l'article du Sud-Ouest du 13/11/2017

http://www.sudouest.fr/2017/11/13/l-ordre-du-merite-pour-aurelia-moya-freire-3942734-3564.php

 

L’Ordre du mérite pour Aurelia Moyà-Freire

Celle qui a fui la Guerre civile espagnole avec sa famille a été honorée pour avoir lutté toute sa vie pour la liberté et la paix.

Aurelia Moyà-Freire a reçu, samedi 4 novembre, les insignes de l’Ordre national du mérite (ONM), remis par Jean Ooghe, président de l’Anacr (Association nationale des anciens combattants de la Résistance). Cette cérémonie solennelle et chaleureuse s’est déroulée à l’espace culturel, sous le parrainage du maire Frédérique Charpenel, du maire honoraire Jean-Yves Montus, en présence du vice-président Maurice Hourdin, du porte-drapeau de l’ONM, Robert Alberti, celui des anciens guérilleros espagnols en France (FFI), de sa famille et amis.

Jean Ooghe a retracé le parcours exceptionnel de celle qu’il appelle « une très grande dame », qui a œuvré au sein de l’Anacr et lutté pour la liberté et la paix. « Elle reste la gardienne landaise de ces soldats de l’ombre… »

1 000 kilomètres d’exode

Née en 1925 dans un foyer modeste, Aurelia a une enfance heureuse. Le 14 avril 1931, la république espagnole est proclamée après l’abdication d’Alphonse XIII. Alors que la Guerre civile déchire l’Espagne à partir de 1936, la jeune Aurelia fuit les troupes de la dictature franquiste avec sa famille et prend la route de l’exode vers la France en 1939, à l’instar de milliers de républicains espagnols. C’est la Retirada. Un long voyage en train, 1 000 kilomètres des Pyrénées-Orientales jusqu’en Haute-Saône. Aurelia et sa maman reçoivent un accueil chaleureux dans les Vosges, à Plancher-Bas. « C’est une période heureuse, un village dont nous garderons le meilleur souvenir. » Las, il leur faut partir encore, pour s’installer dans une usine désaffectée, le Camp de Miellin, un camp de concentration. 500 personnes y sont « hébergées », « une usine qu’on s’efforce de rendre habitable, mais la liberté nous manque ! », raconte-t-elle.

La guerre est déclarée entre la France et l’Allemagne. Puis c’est le départ pour la Normandie, la vie y est dure voire tyrannique, mais l’espoir de retourner au pays ou de partir au Mexique permet de tenir. Elle a 16 ans quand elle entre au service d’une institutrice. Plus tard, à La Rochelle, elle rencontre son futur époux, le journaliste Jean Freire. La Résistance les réunit.

Un cahier de mémoires

« Secrétaire de l’Anacr, Aurelia est de toutes les manifestations populaires, se dépense sans compter et avec ténacité pour la paix, elle est allée jusqu’à Moscou en tant qu’interprète pour un congrès mondial », souligne M. Ooghe. À 80 ans, elle n’a rien perdu de son énergie et suit les cours de l’université pour maîtriser le catalan…, et elle se met aussi à l’anglais.

Sous son impulsion, se créée, en 2011, l’Amicale des réfugiés espagnols en Haute-Saône, puis est mise en place une stèle souvenir avec leurs noms, inaugurée par le préfet (arrière-petit-fils d’Albert Lebrun).

En 2017, Aurelia a 92 ans, le regard vif, la parole alerte et les souvenirs d’un passé douloureux couchés dans un cahier de mémoires. « Ma vie en France » est un document historique unique sur une période de 1939 à 1943, écrit dans une langue qui n’est pas la sienne, avec ses hispanismes qui ne peuvent laisser indifférent. Ce cahier d’exil d’une adolescente espagnole est tout simplement beau, un témoignage familial rare et un éclairage émouvant, « écrit comme les lettres de la comtesse de Ségur », décrit sa fille, Cinta. Il parachève de bien belle manière le combat de sa vie, ouvert sur l’espérance et un monde meilleur

 

aurelia-moya-freire-entouree-de-sa-famille-avec-m-ooghe-et-le-porte-drapeau-des-guerilleros-espagnols-en-france

Aurelia Moyà-Freire entourée de sa famille, avec M. Ooghe et le porte-drapeau des guérilleros espagnols en France. Photo I. C.

 

 

 

Posté par sylvie2011 à 18:26 - Actualités - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 20 novembre 2017

Deux nouvelles familles de réfugiés retrouvées

Carmen, internée à l'âge de 6 ans, au Camp de Miellin a pris contact avec l'Amicale suite à la cérémonie inaugurale à Gray.
Avant le Camp de Miellin, Carmen a séjourné avec sa mère et ses quatre frères et sœurs à Arc-les-Gray. Elle et sa sœur Maria habitent la Haute-Saône à quelques kilimètres de Gray.

Le petit fils de Vicenta Masip Perez a pris contact de l'Amicale via le blog. Sa grand-mère Maria, agée de 12 ans, a été accueillie à Fougerolles en février 1939 avant d'être internée au Camp de Miellin.

Posté par sylvie2011 à 20:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 14 octobre 2017

Gray : les réfugiés républicains espagnols ont leur plaque du souvenir

Merci a tous les amis, souscripteurs qui ont permis la réalisation de la plaque du souvenir.

IMG_1872

Posté par sylvie2011 à 22:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 26 septembre 2017

Message de Carmen Gordillo Ruiz - Cérémonie de Miellin - 23/09/2017

Bonjour Mesdames et Messieurs,
Merci à Mrs Saintigny maire et Tachet  Maire adjoint ,aux conseillers présents et à vous tous de votre présence.
Le mot de la présidente Aurélia Maya Freire.
Chère Carmen,
Tu sais combien j'aimerai pouvoir être parmi vous lors de la sympathique cérémonie du souvenir qui aura lieu le 24 de ce mois à Miellin.
Connaissant ton courage et ta persévérance je ne doute pas que cette amicale rencontre se déroulera avec succès sous les auspices de Mrs Henry Saintigny maire de la communes de Servance-Miellin que je félicite et de Jean-Claude Tachet maire adjoint.
Je te prie de faire part à tous les participants de mon indéfectible soutien à leur action en faveur de la pérennité du souvenir de toutes les mamans et enfants internés au centre de Miellin.
Ce jour du 24 je serai de tout coeur avec vous.
 
Nous sommes réunis aujourd'hui pour célébrer le 6me anniversaire de l'inauguration de la stèle et pour rendre hommage aux anciens réfugiés du camp de Miellin.
Ayons également un pensée pour tous les réfugiés et internés de tous les camps.
Voici quelques nouvelles de l'amicale: en premier lieu une triste nouvelle.
Mona Moya Canals nous a quitté le 31/05/2017. Mona était la maman de Jacques Delys et la belle-mère de Sylvie notre dévouée et sympathique secrétaire et la jeune soeur d'Aurélia notre présidente. Mona fut accueillie pendant 6 mois par la famille Henry-Cardot au Mont de Plancher-Bas avant d'être internés avec sa famille à Miellin. Elle était présente à l'inauguration de la stèle  le 25/09/2011 pour ceux qui s'en souviennent.
Elle a rejoint son mari sa médaille et son écharpe de la république Espagnole autour du cou.
Autre nouvelle mais plus réjouissante:
Sur nomination de l'ancien premier ministre Bernard Cazeneuve, Aurélia est nommée Chevalier dans l'Ordre du Mérite. Elle recevra sa médaille début octobre.
Vous n'êtes pas sans savoir qu'elle ne baisse jamais les bras, elle insistera m'a t-elle dit pour partager cet honneur avec les 220 femmes et les 380 enfants dont Ramon Safon notre président d'honneur qui ont soufferts avec elle de la faim, du froid et du manque d'hygiène durant leur internement au camp de Miellin.
 
Notre amicale tiendra son AG le samedi 14/10 à 10 h au gîte de Champlitte. Après le repas pris en commun, nous visiterons la prison de Gray lieu d'internement de nombreux réfugiés Espagnols
Après Miellin en 2011, Lure en 2014, en 2017 l'amicale poursuit son devoir de mémoire c'est pourquoi aura lieu à Gray le 14/10 à 17 h en accord et en présence de la mairie et des autorités locales une cérémonie où l'amicale dévoilera un plaque sur la mur de la prison en hommage aux femmes et enfants internés là, notamment Ramon Safon notre président honoraire et sa famille ainsi que la famille de Délio notre trésorier.
J'espère que vous serez très nombreux à vous joindre à cette cérémonie. Merci de votre attention.

Posté par sylvie2011 à 20:23 - Actualités - Commentaires [0] - Permalien [#]